Alphabet

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Ceux qui aiment fouiner dans les lieux officieux,

les petites salles de concerts, les live bars, les showcases en catimini, connaissent ce phénomène qui survient parfois. Vous écoutez ce groupe, ou cet artiste, que seule une poignée d’aficionados suivent, vous êtes arrivés là par le bouche à oreille, on vous a dit « tu vas voir c’est génial ce qu’ils font » ou avez acquiescé, d’abord par politesse ensuite par curiosité. C’est alors que vous réalisez, que ce qui se passe là est taillé pour tutoyer des cimes encore plus grandes,  que ce rayonnement intense de musique ne va bientôt plus pouvoir se contenter de peu, que le plaisir que vous goutez va bientôt exploser aux oreilles du plus grand nombre.

L’impression d’être un orpailleur urbain, et que là loin du Far west, vient s’offrir à vous, une pépite des plus pures.

Voilà le sentiment que peut  provoquer un concert d’ALPHABET.

Ce jeune groupe sert un savant mélange de sonorités électroniques et de voix suaves qui a perdu toutes illusions, en se gardant la possibilité de rêver.  Les morceaux sonnent très matures, pour des artistes qui affiche une vingtaine à peine tranchée.

« Aux âmes biens nées la valeur n’attend point le nombre d’années » disait l’autre*, et c’est tant mieux.

Il ne faut pour autant pas se fier à l’air juvénile de ce trio originaire de Basse Normandie et actif à Rennes depuis plusieurs années déjà.

Chacun des membres (Maxime Lamotte, Jules Leclere, Simon Geisler) a usé ses méninges dans différentes formations avant que la providence et les influences communes ne les réunissent. Les influences  justement, la musique d’ALPHABET  en foisonne !

Fever Ray, Alt J,  pour l’univers sonore, et ils ne s’en cachent pas. Il y a aussi la fameuse « French Touch » qui caractérise la musique électronique française, pour l’aspect précis, rigoureux, empreint de poésie.

Puis cette voix, claire, maitrisée, envoûtante qui évoque une force qui ne se fourvoie pas à dire autre chose que ce qu’elle est.

Enfin, on ne peut passer à côté de l’esthétique visuelle, qui va des lumières aux costumes, rappelant l’imagerie de très grands de la musique électronique mondiale.  Vous avez pensé à KRAFTWEK ? Tant mieux je ne l’ai pas dit !

Le tout forme un ensemble détonnant, une musique originale, des artistes pris dans leurs propres tourbillons, dans leurs fééries à la fois douces et euphoriques.

On se laisse alors convaincre et la ballade peut commencer.  Vous embarquez  pour la galaxie ALPHABET où les icebergs ne craignent pas le chaud, ou les glaçons dans le cocktail musical sont des brulots !

La formule fait mouche, et le groupe se construit un palmarès qui commence à peser lourd.

Ils ont été finalistes des jeunes vieilles charrues en 2012,  sélectionnés pour  le tremplin AOC Normandie en 2016, suivi de près par les Inrock Lab.  ALPHABET jouit également d’une solide réputation dans l’ouest de l’hexagone, et laisse ses marques dans les milieux parisiens.

 Il n’y a plus qu’à faire déferler  ce son mystiquo-pop sur le reste du pays, et pourquoi pas le reste du monde ?

Leur Premier EP est sorti en octobre dernier et se nommes Y.  Un 4 titres, accompagné de deux clips sublimes, notamment sur le titre LEIKA.  Ceci donne la mesure de ce dont est capable le trio. Les dates s’enchainent pour eux, et on espère que ça va continuer.

Gardons un un œil grand ouvert sur ALPHABET, et allons les voir quand ils passent dans les environs.

*Pierre Corneille

Pour se tenir informé, suivre leur actu sur leur page Facebook

Clips Leika :

Clip Fake face :

Site Web : http://alphabetofficial.com/

 

Gyslain

Ceinture Noire de nonchalance éveillée, art dont je suis à priori le seul pratiquant et gourmand de nature ! je me gave d’écriture, de poésie, de slam, de scène, de rap, de livres, de sport , de cinéma, de peinture et de coups de cœurs.